Pourquoi l’approche Zéro Trust est devenue incontournable ?

par Rebeca
Comprendre l'approche Zéro Trust

Quelle est la principale différence entre le modèle de sécurité traditionnel et le modèle Zéro Trust ?

Pendant des décennies, la cybersécurité des organisations reposait sur une approche traditionnelle et relativement simple : le périmètre de sécurité. Ce modèle consistait à protéger un réseau interne considéré comme « sûr » et à en isoler les menaces extérieures. Tout ce qui se trouvait à l’intérieur du périmètre était jugé fiable, tandis que l’extérieur était perçu comme un environnement hostile. Cependant, cette approche s’est révélée inefficace face aux nouvelles réalités du monde numérique moderne. L’augmentation du télétravail, l’essor du cloud et l’adoption de modèles d’infrastructures hybrides ont bouleversé ce périmètre. Aujourd’hui, les cyberpirates exploitent de plus en plus des vulnérabilités au sein même des réseaux internes, notamment en s’attaquant aux identités et aux accès des utilisateurs. C’est précisément ce contexte qui a donné naissance à une nouvelle approche de la cybersécurité : le Zéro Trust.

C’est quoi l’approche Zéro Trust ?

Le Zéro Trust repose sur un principe fondamental : ne jamais faire confiance, toujours vérifier. Contrairement aux modèles traditionnels, il ne suppose aucune confiance par défaut, même pour les utilisateurs internes et les ressources qui semblent légitimes. Chaque tentative d’accès, qu’elle provienne de l’intérieur ou de l’extérieur du réseau, est rigoureusement vérifiée et validée avant d’être autorisée.

Quels sont les piliers fondamentaux du Zéro Trust ?

Le Zéro Trust repose sur plusieurs concepts essentiels, qui permettent de garantir la sécurité des ressources de manière plus dynamique et granulaire.

  • Une authentification forte et continue : L’authentification des utilisateurs ne se limite pas à un simple mot de passe. Dans un environnement Zéro Trust, l’authentification multifacteur (MFA) devient une norme, complétée par des méthodes telles que la biométrie ou des tokens d’accès temporaires. De plus, l’authentification est réévaluée en continu, ce qui permet de renforcer la sécurité en temps réel, même si un utilisateur a déjà été vérifié au départ.
  • Contrôle des accès basé sur le moindre privilège : Chaque utilisateur ou appareil se voit attribuer des permissions strictement nécessaires à l’accomplissement de ses tâches spécifiques. Par exemple, un collaborateur d’un service financier n’a pas besoin d’accéder aux ressources de l’équipe informatique. Cette approche réduit les risques de compromission en cas de phishing, car les cyberpirates se retrouvent limités dans leurs mouvements au sein du réseau.
  • Segmentation du réseau et micro-segmentation : Plutôt que d’offrir un accès global au réseau, le Zéro Trust isole et contrôle chaque section, limitant l’impact d’une attaque en cas de compromission.
  • Surveillance et analyse continue : L’intelligence artificielle (IA) et les systèmes de détection des anomalies jouent un rôle majeur dans la mise en œuvre du Zéro Trust. Ces outils surveillent les activités des utilisateurs et des appareils en temps réel, permettant d’identifier des comportements suspects. Lorsqu’une anomalie est détectée, les politiques de sécurité peuvent être ajustées immédiatement pour contrer la menace.
  • Protection des endpoints et du cloud : Le Zéro Trust couvre les appareils utilisateurs et les services cloud, garantissant une sécurité adaptative avant tout accès aux ressources de l’entreprise.

Pourquoi faut-il adopter cette approche aujourd’hui ?

Explosion des cyberattaques

Les ransomwares, le phishing ou les attaques par ingénierie sociale, exploitent souvent des identifiants volés ou des accès insuffisamment sécurisés. Un modèle Zéro Trust permet de limiter les risques associés à ces attaques en restreignant les permissions des utilisateurs et en vérifiant continuellement leurs actions au sein du réseau.

Télétravail et infrastructures hybrides

De plus, le travail à distance, amplifié par la pandémie, et l’adoption du cloud ont modifié la manière dont les entreprises interagissent avec leurs ressources. Les équipes n’accèdent plus à leurs applications depuis des réseaux internes sécurisés, mais depuis des environnements externes, souvent depuis des terminaux personnels. Le périmètre de sécurité classique, qui se concentrait sur la protection d’un réseau interne, n’est plus suffisant dans ce contexte. Le Zéro Trust permet de sécuriser l’accès aux ressources quelle que soit la localisation de l’utilisateur.

Réglementations et conformité

Les réglementations en matière de cybersécurité, telles que le RGPD, la norme ISO 27001 ou la directive NIS2, imposent des exigences strictes en matière de protection des données et de sécurité des infrastructures. Le Zéro Trust, avec son contrôle d’accès rigoureux et sa surveillance continue, est un moyen efficace de se conformer à ces normes tout en garantissant la confidentialité des informations sensibles. En intégrant ces principes, les entreprises peuvent éviter des sanctions coûteuses et renforcer leur position face aux auditeurs et aux régulateurs.

Protection proactive plutôt que réactive

Le Zéro Trust permet de ne pas seulement réagir aux attaques, mais de les anticiper. En vérifiant systématiquement l’identité et l’accès à chaque ressource, l’approche Zéro Trust bloque proactivement toute activité suspecte avant qu’elle ne puisse causer des dommages.

Comment mettre en place une stratégie Zéro Trust ?

Adopter le Zero Trust peut sembler intimidant, mais il est possible de procéder étape par étape pour l’intégrer dans une organisation.

  • Évaluer son niveau de sécurité actuel : Avant d’implémenter le Zéro Trust, il est essentiel d’effectuer un audit des systèmes existants. Cette étape permet d’identifier les vulnérabilités actuelles et de comprendre les besoins spécifiques de sécurité.
  • Implémenter l’authentification forte : Le déploiement de l’authentification multifacteur (MFA) est une priorité. Il convient également d’intégrer des solutions de gestion des identités pour garantir l’accès sécurisé aux ressources.
  • Restreindre les accès selon le principe du moindre privilège : Définir des politiques d’accès claires et strictes. Chaque utilisateur ou appareil ne doit disposer que des droits nécessaires pour accomplir ses tâches spécifiques.
  • Sécuriser l’accès aux données locales : L’utilisation d’un VPN peut vous permettre de garantir un accès sécurisé aux ressources de vos équipes, que ce soit sur site ou dans le cloud. Cela réduit les risques liés aux connexions non sécurisées et empêche les attaques par interception de données.
  • Adopter une surveillance continue : L’utilisation de solutions d’analyse comportementale et de détection des menaces basées sur l’IA permet d’assurer une vigilance permanente et de détecter toute activité anormale en temps réel.
  • Sensibiliser les équipes : Il est crucial de former les collaborateurs à la cybersécurité et aux principes du Zéro Trust pour garantir une adoption fluide et une mise en œuvre efficace.

Une approche à manier avec équilibre

Si le modèle Zéro Trust renforce indéniablement la cybersécurité, il pose aussi des défis en matière d’usabilité, notamment avec le chiffrement de bout en bout (E2EE). L’E2EE consiste à chiffrer les données directement au niveau utilisateur, avant même leur stockage dans le Cloud, garantissant une confidentialité totale.

Cependant, appliqué à l’extrême, ce modèle peut rendre les données inutilisables (plus d’aperçu de fichiers, plus de collaboration en temps réel, moins d’IA pour optimiser la gestion des données…). Cela peut mener à une sur-sécurisation contre-productive, où les utilisateurs contournent les règles en utilisant des solutions non approuvées.

Plutôt que de supprimer totalement la confiance, optez pour une approche qui prône un équilibre entre sécurité et usabilité. Le Zéro Trust doit s’utiliser avec intelligence et pragmatisme.

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